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Exemple
Histoire de la
Confrérie des Charitables
de
Saint-Eloi à Béthune

Le
saint patron : Saint Eloi
Bien
que le patron de la ville soit Saint Vaast, les Béthunois
ont toujours invoqué
Saint Eloi en temps de peste qui était sensé
protéger des maladies contagieuses.
Ce
saint, né vers 588 en Limousin, était un
orfèvre habile. Le roi Clotaire lui
confie de l’or pour réaliser un trône,
le jeune Eloi, en fait deux !
Séduit par l’honnêteté de
l’artiste et par sa piété,
le roi le prend à son service, il
le charge de gérer les finances royales. A la mort de
Clotaire, son fils
Dagobert lui succède et garde Saint Eloi auprès
de lui. En 641, il devient
évêque de Noyon et de Tournai. Il crée
des monastères et avec ses
missionnaires évangélise de nombreuses
régions. Il meurt vers 660 à Noyon.
Ce
personnage bien réel, a fini par devenir un héros
de
légende. Les
maréchaux-ferrants et les forgerons le prirent comme saint
patron en affirmant
qu’il avait exercé ces métiers avant
d’être orfèvre. De même, Saint
Eloi
qui était
prié à l’origine pour guérir
les chevaux
(les maréchaux-ferrants donnaient les
premiers soins aux animaux) est par glissement devenu le saint
protecteur
contre les épidémies.
La
ville de Béthune en 1187
(...)
La
fondation
(...)
Les
textes fondateurs
(...)
Une
période faste : du XIIIe siècle aux
Guerres de religion
(...)
Les
temps incertains : des Guerres de religion à la
Révolution
Vers
la fin du XVIe siècle des changements surviennent.
La
première chapelle de St Eloi tombe en ruine. Dans la
même rue, se trouve une autre
chapelle, celle de la Confrérie de St Nicolas, les
Charitables demandent alors
l’autorisation de venir s’y installer, ce qui leur
est accordée.
De
même l’hôpital doit être
abandonné car les Confrères ne disposent plus de
fonds
pour y faire les réparations nécessaires.
Autre
bouleversement : depuis quatre siècles tous les
prévôts sont des
maréchaux-ferrants, et pour la première fois en
1573, le
nouveau prévôt n'est pas choisi dans cette
corporation. Ce qui nous
semble aujourd’hui insignifiant
fut à l’époque un véritable
événement, pour confirmer cette
élection les
Charitables consultent le
« Magistrat » (ancien nom de la
municipalité) de Béthune qui lui-même
décide de convoquer des théologiens. On
vérifie que rien dans la Charte n’oblige au choix
d'un prévôt dans une seule
corporation. Les maréchaux-ferrants, mécontents,
intentent un procès.
Finalement le Conseil Provincial d’Arras les
déboute et met fin à ce privilège.
C’est
ce prévôt d’un nouveau genre qui
institue la
tradition des méréaux ou
« petits plombs », petites
pièces rondes
en plomb portant sur une
face le millésime et le marteau de St Eloi et sur
l’autre
un fer à cheval au centre duquel est placé un
globe. Quand la Confrérie reçoit des offrandes,
elle
donne en échange ces
piécettes qui sont échangées lors des
fêtes
contre du pain béni.
En
1584, le pape Grégoire XIII accorde des indulgences aux
Charitables, ce que
confirmeront par la suite les papes Clément VIII et Urbain
VIII.
A
la fin du siècle, un chanoine de Cambrai, Charles du Cornet,
natif de Béthune,
fait un don à la Confrérie.
Il
lui remet des os des bras de son saint patron qu’il a acquis
auprès des religieuses de
Lessines en Hainaut. C’est l’occasion de grandes
fêtes. Les habitants de
Béthune font des dons et la Confrérie peut faire
exécuter un bras en argent
pour les reliques.
Le
culte de St Eloi est très prospère à
cette époque et
on compte jusqu’à 66 confréries du
même
type dans la région au XVIe siècle.
Au
XVIIe siècle la situation financière de la
Confrérie est précaire. On
décide donc de réduire les frais lors des
fêtes traditionnelles, les
processions sont réduites puis abandonnées, les
banquets supprimés.
Cependant,
des donateurs, ayant pris conscience des difficultés des
Charitables, leur
permettent de rétablir la situation.
En
1633, la région est de nouveau
dévastée par la guerre. La peste refait son
apparition et les charitables enterrent jusqu’à 41
pestiférés dans la même
journée.
En
1643, le père Antoine Deslions écrit une
« Histoire de l’institution,
règles et privilèges de l’ancienne et
miraculeuse Confrérie des Charitables de
St Eloi ».
Une
version complétée et actualisée est
toujours remise aux nouveaux Charitables.
Quand
la ville se rend à Gaston d’Orléans
après le siège de 1645, le
« Magistrat » négocie
pour que la Chandelle miraculeuse de St Eloi et
tous les objets appartenant à la Confrérie ne
soient pas emmenés.
La
confrérie continue à faire le bien mais les
guerres, les famines, appauvrissent
ses membres.
En
1648, ils demandent au roi de France de les aider à
poursuivre les
distributions de pain. Louis XIV leur fait remettre les rations de pain
de
munition nécessaires. Cette requête a
été rédigée par Gille
Jolly, sieur de la
Vaux et receveur des finances des Etats d’Artois, on voit par
là que les
Charitables n’étaient pas que de pauvres artisans
sans biens.
Le
trésor de la Confrérie s’agrandit
encore en 1695 quand est réalisée une effigie
de St Eloi dite « Le corps
d’argent ». La confrérie
dispose de plus
de ressources et les habitants ajoutant des dons à la somme
dont dispose le
Prévôt de l’époque, Nicolas
de Baillencourt, et on peut faire réaliser un
mi-corps en argent à Lille d'un poids de 2,5 kg. Il
disparaîtra malheureusement dans la tourmente
révolutionnaire et est aujourd’hui
remplacé par une effigie en bois doré.
En
1739, un différend survient entre la Confrérie de
St Nicolas et celle de St
Eloi qui partagent depuis 150 ans la même chapelle. Le
déplacement d’une
armoire met le feu aux poudres et le Magistrat de Béthune
donne gain de cause
aux Charitables. La Confrérie de St Nicolas est dissoute et
ses biens sont
remis à l’autre Confrérie en 1747.
Les
temps troubles de la Révolution
(...)
Un
nouvel âge d’or : le XIXe
siècle.
(...)
La
Confrérie et les guerres du XXe siècle
Béthune
connaît des jours sombres pendant la Grande Guerre, la
Confrérie poursuit son
activité malgré le départ de nombreux
jeunes hommes à la guerre. Les
funérailles tant civiles que militaires, sont
assurées par les Charitables
disponibles et plus d’une fois les cortèges
doivent s’abriter des bombes.
Le
9 février 1917, les Charitables de Béthune sont
cités à l’ordre de
l’Armée.
En
avril 1918, la ville est évacuée et la
Confrérie doit cesser ses activités mais
les Charitables sont parmi les premiers à rentrer en ville.
Le
24 octobre 1918, la Confrérie est citée
à l’ordre de la Nation. Voici le texte
de la citation : « Depuis le
début des hostilités et sans
interruption, les Charitables ont assuré gratuitement le
service des
inhumations, par tous les temps et les pires bombardements, sous la
pluie de la
mitraille et des obus, à tous : catholiques,
protestants, juifs,
musulmans, libres-penseurs, sans distinction de confession,
tantôt à l’aube,
tantôt la nuit à la lanterne ».
Le
lieu de réunion de la Confrérie a
été détruit par les bombardements de
1918 et
la nouvelle Chambre ne voit le jour qu’en 1927.
En
1921, la chapelle St Eloi des champs, elle aussi endommagée
pendant la guerre, est restaurée.
Sur
le lieu de la rencontre de Germon et de Gauthier est
érigée en septembre 1927
un monument de pierre blanche qui entoure la fontaine.

Un enterrement dans les années 30
Le
25 septembre 1938, on fête le 750e anniversaire de la
« Karité »
malgré les rumeurs de guerre.
Pour
l’occasion, une imposante procession se rend à
Quinty et la Messe est célébrée
par l’évêque d’Arras, Mgr
Dutoit.
En
1939, la ville se trouve de nouveau sur le chemin de
l’invasion. Les
Charitables sont de nouveau abondamment sollicités.
En
1940, une forte tempête renverse le clocher de la chapelle de
Quinty mais les
temps ne sont pas à la construction et il n’est
pas remplacé..
Un
an plus tard, le Prévôt adresse un message au
maréchal Pétain. En échange
celui-ci envoie un don de 2000 francs et écrit
notamment « qu’il
connaissait fort bien l’antique Confrérie et lui
témoignait toute sa
satisfaction pour l’œuvre si profonde et si
importante des Charitables dont il
appréciait hautement le bel esprit de charité et
de dévouement ». Il est
vrai que le chef de l’Etat était natif de Cauchy
à la Tour, à 20 km de Béthune,
et devait effectivement bien connaître l’institution.
Pendant
toute la guerre, comme pendant la précédente, la
Confrérie accomplit sa tâche sans faillir.
Depuis
1945 : les traditions préservées
(...)