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                       La carrière militaire et civile d'Aurélien Lechevalier
                                                         1884- 1923





Aurélien LECHEVALIER est né dans le Nord de la France, près de Lille, le 21 août 1884.
Son père, Jules est propriétaire et directeur d’une petite usine qui fabrique des boutons, sa mère Marguerite Bourgeois, ne travaille pas.
Il est le 8e enfant de la famille, 4 sœurs et 3 frères l’ont précédé.

Aurélien travaille correctement à l’école. Il ne se sent aucune vocation pour travailler avec son père, ni pour enseigner comme l’espère sa mère.
Il attend le service militaire en travaillant avec un de ses frères aînés qui dirige une imprimerie.

Mais à 19 ans, il décide de s’engager pour 5 ans.
Le registre matricule de 1903, nous apprend qu’il mesure alors 1,72 m, qu’il a les cheveux et les sourcils châtains, les yeux verts, le front ordinaire, le nez moyen, la bouche petite, le menton rond, le visage ovale et n’avait aucune marque particulière.
Il sait lire et écrire, il a d’ailleurs obtenu son brevet élémentaire.
Il est déclaré par le médecin militaire qui l’examine, « propre au service ».
Il est incorporé au 43e Régiment d’Infanterie de Lille le 14 juin 1903 et reçoit une solde de 12 centimes par jour.

Le 12 décembre, il commence à prendre des cours d’escrime.
Il donne satisfaction et est nommé caporal le 10 juillet 1904, et caporal fourrier le 22 novembre de la même année.
Sachant nager, apparemment avant son arrivée au corps puisque nous ne trouvons pas trace de cours, il est qualifié le 14 février 1905 de « nageur ordinaire ».
Le 21 septembre 1905, il devient sergent et enfin sergent major le 4 juillet 1907.
Il se rengage, pour une nouvelle période de 5 ans, le 22 mai 1908 et est maintenu dans le même régiment.
Il est promu adjudant le 10 janvier 1912.

Il l’est toujours quand la guerre éclate le 3 août 1914.
Son régiment est envoyé dans la région de Charleroi.
Jusqu’au 21 août le secteur est calme. Mais ce jour là, les reconnaissances de cavalerie annoncent l’approche des Allemands.
Le premier contact est en faveur des Français qui font des prisonniers.
Mais rapidement l’artillerie ennemie se met à tirer sur les régiments français massés en contrebas.
Les pertes sont sérieuses et les Français reculent.
Le lendemain, les Français tentent de reprendre le terrain perdu mais malgré la perte de 1500 hommes, ils n’y parviennent pas. Même les positions temporairement reprises sont abandonnées. Le 43e RI parvient à se replier en bon ordre et sans pertes excessives malgré les efforts des fantassins allemands.
Le 23, les troupes tentent de tenir sur leurs positions de repli. Mais les Allemands envoient sans cesse de nouvelles troupes et vers midi, la décision est prise de se replier.
Lille est déclarée ville ouverte.
Le 43e se dirige vers Guise. Il participe sous le commandement de Franchet d’Esperey à la bataille qui s’y déroule les 28 et 29 août.
Cette victoire française oblige les Allemands à repasser l’Oise.
Aurélien Lechevalier est légèrement blessé.

Il participe cependant avec son régiment à la Bataille de la Marne qui se joue du 6 au 13 septembre et permet d’éviter la chute de Paris.
Les Allemands cherchant à déborder le front allié, une nouvelle série de combats s’engage, la course à la mer, qui se déroule de mi-septembre à mi-octobre 1914 et aboutira à la stabilisation du front.

Aurélien est cité le 3 octobre à l’ordre de son régiment pour sa belle conduite lors du combat de Soupir du 15 au 20 septembre.

A partir de fin octobre, les troupes commencent à s’enterrer.
Aurélien obtient une permission en novembre mais ne peut la passer auprès de sa famille qui se trouve toujours près de Lille dans une zone occupée par les Allemands.
La fin de l’année est assez calme pour le 43e RI.
Le régiment est en seconde ligne et se reforme après les lourdes pertes des débuts de la guerre.

En décembre, Aurélien Lechevalier est promu adjudant-chef.

En janvier le régiment est envoyé vers la Champagne.
L’Etat-major cherche à rompre les lignes allemandes.
Le froid vif, suivi de périodes de dégel qui dégrade les tranchées, immobilise les combattants.
Une attaque est décidée pour le 12 février mais une violente tempête de neige fait arrêter les opérations.
Le 16, le 43e est engagé, il a pour mission d’enlever la partie sud du fortin de Beau séjour, ce qu’il fait.
Le 3 mars, il est envoyé à l’assaut de la butte de Mesnil, près de Sainte Menehould. Il est rejeté dans ses lignes de départ et Aurélien est au nombre des blessés.
Il est évacué vers une ambulance de l’arrière. Il y est soigné avant d’être envoyé à Noisiel en région parisienne jusqu’au 14 mai.

Après quelques jours de permission, passés à Paris, il est de retour dans son régiment le 20 mai.

La fin de l’année se passe sans que le régiment ne soit engagé dans une offensive d’importance.

En 1916, les Allemands attaquent en Champagne, puis en Flandres, en Artois, en Picardie.
Nul ne sait où va se porter l’attaque principale.
Le 15 février des prisonniers allemands affirment que c’est Verdun qui sera le but de l’offensive. Mais l’Etat-major allié n’y croit pas.
Le 21 février la surprise est donc totale.
Le 43e RI est rapidement envoyé dans le secteur et Aurélien va participer à la bataille de la côte du Poivre.
En novembre, alors que les choses semblent tourner en faveur des Français, il est de nouveau blessé.
Il est cité à l’ordre de la division et reçoit la Croix de Guerre.
Nouvelle période d’hospitalisation, nouveau séjour à Noisiel.

Aurélien regagne son corps le 4 février 1917.
Le 43e RI se trouve alors dans l’Aisne.
Il va participer à l’offensive du Chemin des Dames.
Le général Nivelle, pour percer le front allemand, lance une vaste offensive le 16 avril.
Malheureusement, l’ennemi a eu le temps de fortifier le terrain et c’est un échec.
Les alliés perdent 100000 hommes en quelques jours.
Le régiment d’Aurélien a pour objectif avec d’autres unités de reprendre les plateaux de Craonne, Californie et Vauclerc puis de
poursuivre pour établir de nouvelles positions plus à l’est. Le 43e attaque sur le plateau de Vauclerc.

C’est d’abord un échec, puis suite à une nouvelle attaque, les 4 et 5 mai, les plateaux de Craonne et de Californie sont repris.
Mais le front n’est pas rompu et l’offensive qui devait être la « dernière de la guerre » a été un massacre.

L’adjudant-chef Lechevalier est maintenu en service actif malgré la fin de son engagement, en juin, et ce pour la durée de la guerre.

Le régiment est mis au repos jusqu’en juin.
On l’envoie alors vers le Nord, dans les Flandres.
Les Anglais y préparent une opération de grande envergure et en accord avec le général Pétain, le maréchal Douglas Haig doit intégrer des divisions françaises à son dispositif.
Le 43e RI est engagé dans la région de Bixschoote.
La région est partiellement inondée.
En juin le Génie installe des passerelles et les observatoires indispensables à l’artillerie.
Le 15 juillet la préparation d’artillerie commence, aidée par les observateurs au sol et une puissante aviation qui a la maîtrise de l’air dans ce secteur.
Le 23 juillet l’artillerie de tranchée entreprend de détruire les premières lignes ennemies. De nombreux Allemands se rendent.
La nuit du 29 au 30, les troupes prennent position à la faveur d’un intense brouillard.
A 4h36, le 31 juillet l’assaut est donné, les troupes rencontrent peu de résistance.
Le 2 août l’artillerie allemande réagit mais avec peu de succès.
L’Etat-major décide de poursuivre l’avancée et le 16 août le 43e RI est engagé. Ce jour et le lendemain, de nombreuses positions allemandes tombent.
L’opération est un succès qui sera plus complet encore après les combats des 9 et 10 octobre.
Aurélien Lechevalier est cité à l’ordre de la division.
Il obtient une permission de deux semaines qu’il semble avoir passé dans la Somme.

Le 43e RI descend sur l’Aisne en début d’année.
Aurélien participe aux combats qui ont lieu dans la région de Montdidier du 27 au 30 mars 1918.

En mai 1918, l’ennemi attaque sur l’Aisne.
Les Allemands espèrent une nouvelle fois rompre le front et s’ouvrir la route de Paris.
Le 43e RI combat dans ce secteur dans la deuxième quinzaine de juillet.

En août il participe aux combats de Nouvon-Vingré et fin août à ceux de Villiers la Fosse.
C’est là qu’Aurélien est de nouveau blessé.
D’abord évacué juste derrière les lignes, il est finalement envoyé à l’hôpital du Val de Grâce à Paris.
 
Il sort de l’hôpital le 28 octobre et n’est pas renvoyé au combat.
L’Armistice le trouve à Senlis où il attend apparemment un transport pour repartir sur le front.

Début 1919, il est libre de tout engagement et rentre près de Lille.

Il se marie en juillet avec une jeune fille de la même commune.
 
Nous apprenons par les archives familiales qu’il travaille à Roubaix début 1920.

En juillet 1920, naît son fils, Jean. Il se déclare alors directeur. A-t-il finalement accepté de reprendre la direction d’une usine ou d’un atelier comme le souhaitait son père dès 1903 ?
A cette date rien ne permet de l’affirmer.

En février 1922, il est cependant mentionné comme témoin d’un mariage de la famille, il est alors directeur des « Cycles Lechevalier ».
Cette entreprise créée en 1905, est la propriété de la famille Lechevalier depuis 1914.
Aucune trace d’un contrat de vente entre Aurélien et son père n’ayant pu être trouvée, il semble qu’il ait été nommé directeur mais n’en soit pas propriétaire.

En mars 1922, naît une fille, Victoire. Aurélien est toujours directeur.

Le 15 juillet 1923, Aurélien décède à Roubaix.
Renversé par une voiture la veille, il n’a pas survécu à ses blessures.


Les patronymes et certains noms de lieux ont été modifiés à la demande de la famille.
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